La Transcalédonienne c'est LE raid emblématique de la Nouvelle-Calédonie.

Avant d'arriver sur le caillou, on avait dans l'idée de le faire avec Mr Triton. Et puis on a découvert le dénivelé calédonien, bien loin du dénivelé breton. Ca calme! Et puis Mr Triton a presque arrêté de courir. Et puis c'est compliqué de s'inscrire à cette Transcal, c'est une course de nouméens! Il faut remplir un gros dossier, le remettre en main propre au bureau de l'asso à Nouméa, tel jour, de telle heure à telle heure. Et puis rien que l'inscription coute un bras (l'équivalent de 250€ pour l'équipe), il faut ajouter le matériel obligatoire et les tee-shirts identiques et floqués pour les 3 membres de l'équipe. Et puis, et puis, et puis, ça faisait de suite moins envie!

Mais il y a un mois, je croise une copine, je vous en ai déjà parlé . Elle me demande de compléter leur équipe suite au désistement d'une des filles. On a un "sponsor" pour financer l'inscription (ça aide bien!). Allé, pourquoi pas!

Alors même pas un mois avant ça ne me laisse pas le temps de me préparer comme il se doit, j'ai l'impression d'y aller complétement à l'arrache.

Jour 1, 37Km, 1900m D+

Profil jour 1

Jour 2, 26Km, 1200mD+

Profil jour 2

Des centaines d'échanges de messages avec mes co-équipères plus tard, nous nous retrouvons à Poya, à la tribu de Montfaoué!

13537763_10208757727171841_648785245141263723_n

1er cri de joie avec Meryl dans la voiture!

Jour 1 (1)

On débarque les affaires, on monte les tentes.

Remarquez que j'ai retrouvé des compatriotes.

Jour 1 (2)

Le soleil se couche déjà...

13533108_10208757724611777_7182931797965512032_n

Briefing pour le lendemain, repas.

Ca caille sévère!!!!!

On essaye de se coucher tôt, mais la musique bretonne, le groupe électrogène, la lumière ne nous aident pas vraiment. J'ai oublié l'exitation de ce qui nous attend le lendemain... Et le coq qui chante toute la nuit!

13620162_10208757770852933_9035311456258001949_n

 

 

Jour 1

3H30

Le groupe électrogène se remet en marche, la lumière s'allume, et le camp se réveille. Tout le monde est survolté! Les bretons nous mettent du Matmatah à fond. "Et si t'aime bien la marche à pied, viens donc faire un tour à Lambé"... On va rester à Poya et on va tenter de résister au froid, hein! Je dis à Meryl qu'il doit faire 13°C, mais avec le recul, je me dis qu'on était peut-être plutôt à 10...

P'tit dèj, on se prépare.

Jour 1 (3 B) (1)

Jour 1 (3 B) (3)

Faut récupérer la carte de pointage, faire la photo officielle, et vite rejoindre la ligne de départ. Même pas le temps de s'échauffer!

Jour 1 (7 B) (2)

Team 5 étoiles au départ!

Jour 1 (8)

C'est parti!

On commence par quelques centaines de mètres sur la route. Il fait bien bien froid! J'ai les mains gelées!

On bifurque à droite et les sentiers commencent. Ca avance doucement, on est tellement nombreux sur ces p'tits chemins.

Ca monte un peu. Le soleil se lève. C'est beau!!!

Jour 1 (9)

Jour 1 (11)

Jour 1 (15)

Ho tiens! La dent de Poya! Faut qu'on aille là-haut tout à l'heure...

Jour 1 (18)

Jour 1 (19)

Le 1er PC est proche. On est en sous-bois, des racines, des cailloux, on court tranquillement. Je regarde mes pieds non stop, je stress tellement pour mes chevilles. Perrine est devant moi, et d'un coup je vois sa cheville gauche qui se tord, j'entends même le crac. Quelle horreur! J'ai mal pour elle. Elle cri, elle sautille, mais elle ne s'arrête pas. On arrive à une rivière, on la traverse, le PC est derrière. Les bénévoles de la Croix Rouge, lui mettent une poche de glace sur sa cheville, la strappe. On prend le temps de la soigner. Elle décide de repartir. Elle VEUT monter en haut de la dent de Poya! Et puis le bénévole lui dit que si elle décide d'abandonner là-haut elle redescendra en hélicoptère, tandis que si elle abandonne maintenant elle repart en pickup. C'est sûr que ça motive pour monter!

On y va alors! Et heureusement qu'elle a des bâtons!

Jour 1 (20)

Follow me to...

On va prendre 900m d'altitude en 4Km...

Jour 1 (21)

Le tout petit point blanc près de la rivière, c'est le PC 1

Jour 1 (22)

Jour 1 (23)

Perrine!!!!! Ton carrosse!!!!!

Jour 1 (25)

Jour 1 (26)

Une pensée pour Nathalie et son vertige...

Jour 1 (27)

Jour 1 (28)

Jour 1 (29)

Il est plus rapide que nous, lui!

Jour 1 (30)

Il est de plus en plus petit le PC1!!!

Jour 1 (31)

On entend quelqu'un crier que l'apéro nous attend en haut.Ca donne le sourire, hein, Perrine!

Jour 1 (32)

Il reste un peu de grimpette encore...

Jour 1 (33)

On voit la meeeeeeeeeeeer!!!!!!!!!!!!!!!

Jour 1 (34)

Les cuisses commencent à bien chauffer. Je redoute les crampes, je prends un cachet de sporténine, je bois, et je croise les doigts!

Jour 1 (35)

Yes! On est en haut!

Jour 1 (36)

Finalement tout s'est bien passé sur cette montée. Les paysages grandioses nous ont sûrement bien aidé moralement. On a aussi papoté, rigolé. C'était une super ascension!

Jour 1 (37)

Jour 1 (38)

Ce que je redoute le plus, c'est maintenant!

6Km de descente pour rejoindre le PC3. Perrine continu, finalement le tour en hélico ne lui fait pas envie. Cool!

Jour 1 (39)

Seulement 2 photos de cette descente, c'est le même terrain que la montée.

Et surtout il faut rester concentrer, ça glisse beaucoup, il y a plein de cailloux.

Jour 1 (40)

On descend sur les mains et les fesses par endroit.

Et là c'est long! Très long! Perrine est une bonne descendeuse, je comptais sur elle pour nous entrainer, sauf que là, avec sa cheville en vrac c'est dur pour elle. Je suis devant, mais comme j'ai un peu peur des descentes je me sens parfois perdue. J'aime avoir quelqu'un qui ouvre la route devant moi pour caler mes pas dans les siens. Le moral commence à flancher. Je commence à râler dès que je glisse et tombe. J'ai peur de me blesser. Je me demande pourquoi j'ai accepté de faire cette course, je me dis que je n'ai vraiment pas le niveau, ect... tout les trucs bêtes qui nous passent par la tête quand on est démoralisé.

Perrine commence à me raconter sa vie, parce que je ne vous l'ai pas dis mais je ne les connais presque pas mes co-équipières. Meryl, habite près de chez moi, on a couru quelques fois ensemble, mais on ne se connaît pas vraiment. Perrine, je l'ai juste rencontré au Pandathlon, une matinée, c'est tout. Alors on se met à parler de tout et de rien: de pourquoi on est venu vivre en Calédonie, d'allergie aux anti-inflamatoires et aux mangues (aucun lien hein!), de mariage à l'île des pins, de vacances à Lifou, ect.... Et les Km passent. Merci Perrine! Parce que sans ça je me serais assise dans la poussière et j'aurais attendu l'hélico je crois. Meryl, elle, suit sans problème. Elle reste derrière, discrète, on ne l'entend pas, elle ne bronche pas, elle avance coute que coute!

PC3, on y est!

La question de la cheville de Perrine se pose à nouveau. Elle continu!

Moi je me suis écorchée les mains dans la descente, le temps de mettre un pansement, de manger un peu (beaucoup!) Mon doc m'a conseillé de l'omelette au jambon pour apporter des protéines. J'en prends un p'tit bout sans trop de conviction, et finalement je mange tout mon sachet le temps de la pose du pansement.

Hop! Hop! Hop! C'est reparti!

Des p'tites bosses, des rivières, des niaoulis, des niaoulis, encore des niaoulis. C'est long! On a l'impression de se trainer. On court dès qu'on peut, mais au moindre faux plat on marche. On a plus de cuisse pour monter. Les descentes sont toujours techniques, donc on se retrouve à marcher aussi. On avance lentement. On en a marre! Je ne fais même plus de photo, on n'admire plus le paysage (un niaouli, c'est un niaouli hein!). Le moral est au plus bas. Je me dis que depuis le départ on a presque pas couru en fait, et que moi ce que j'aime c'est la course à pied, pas la marche (et ben j'irais pas à Lambé. Et toc!)

PC4

Perrine veut abandonner. Elle a peur de trop tirer sur sa cheville et d'avoir de trop grâves séquelles. Vue mon passé d'entorses, je ne la pousse pas à continuer. Je veux arrêter aussi, j'ai le moral dans les chaussettes. J'en ai marre, j'ai l'impression que les Km ne passent pas. Je commence à penser que si j'abandonne maintenant, je peux lever le camp ce soir et aller faire du kite demain si il y a du vent. Meryl, elle veut continuer, elle demande aux organisateurs si elle peut repartir seule. P'tit électrochoc pour Perrine et moi, on décide de continuer. 7Km de plat nous attendent, on va pouvoir courir (on est un peu venu pour ça à la base).

Allé, on repart!

Jour 1 (41)

Jour 1 (42)

En effet, c'est plat! On court!!!!!!!! Bon, en vrai on ne doit pas courir bien vite, mais 7Km/H ça fait déjà avancer plus vite que les 2Km/H de la montée. Aux sensations, je me dis qu'on est à 7, car ma montre n'a plus de batterie. Du coup plus de repère, on guette le PC5 derrière chaque virages. Meryl a mal au ventre, elle a du mal à suivre, mais elle s'accroche et ne lâche rien.

PC5!!!!!!!!!!!!

On sait que derrière il n'y a plus que 3Km. Même si il reste une bonne montée de 200mD+, c'est la fin, c'est la dernière, on va aller au bout!

Jour 1 (43)

Le voilà le rocher de la tortue! Vous voyez la tête de tortue?

Jour 1 (44)

Juste avant la montée on voit l'hélico qui se pose, un gars sur un brancard. Ce sont nos voisins les bretons, l'un d'eux a fait un malaise, déhydratation. Ca calme!

Je me disais que ça allait être la montée de trop, et en fait ça va. Bon, on avance à une vitesse de tortue, mais on avance.

Jour 1 (45)

Jour 1 (46)

On ne fait pas les fières là! Il y a eu un passage vraiment dangereux. Moi qui n'ai pas le vertige d'habitude, là je n'ai pas regardé en bas. J'avais vraiment peur. Je ne comprends pas comment les organisateurs ont pris un tel risque à nous faire passer à cet endroit. Cette photo n'est pas représentative, mais je n'allais pas prendre une photo du passage dangereux. Je préfèrais utiliser mes mains pour me tenir aux cailloux.

Ouf! On revient sur un terrain moins accidenté!

Jour 1 (47)

On sait qu'on est dans les derniers Km. On donne tout. Les p'tites montées deviennent des sommets, j'ai les cuisses en feu (mais toujours pas de crampes!). On a tellement hâte d'arriver. Au détour d'un virage, je vois un short que je connais. Mon Titou!!!!! Il a remonté le parcours pour nous trouver. Je le prends dans mes bras et je me mets à pleurer. Je suis si heureuse de le voir. Il court le dernier Km avec nous. Il saute tous les cailloux, là où moi je dois presque m'asseoir pour les descendre. Bon, OK il n'a pas 35Km dans les pattes lui! Mais le jour avant il a quand même gagné le cross de son collège. Attention, un champion nous accompagne sur notre fin de course!

On arrive sur la route. Route tellement libératrice! On peut courir sans regarder ses pieds, sans stresser pour les chevilles. Et nos filles qui arrivent vers nous en hurlant. Quel bonheur! On y est!!! Leur énergie nous donne des ailes, Perrine et moi on accélère sans s'en rendre compte. Meryl ne nous suit pas. On s'arrête, on l'attend. On va la passer toutes les 3 cette ligne d'arrivée! A chaque PC on a cru que l'une de nous allait manquer à la fin, et non, on est 3!

Jour 1 (47 B) (1)

On est HS, sales. Et moi je suis abasourdie par la difficulté de ce parcours. Je ne m'attendais pas à ça. C'est trop! Trop long, trop technique, trop dur. J'ai l'impression de ne pas avoir pris de plaisir, ne n'avoir presque pas couru. A part l'ascencion de la dent de Poya j'ai l'impression qu'il n'y a eu que de la souffrance et de la lutte pour ne pas flancher.

Mais je suis vraiment contente qu'on arrive à 3. Et impressionnée par la tenacité de Perrine qui a continué malgré son entorse.

Jour 1

Là assise par terre c'est pas une bonne idée! Je vais faire comment pour me relever??? Je n'arrive déjà pas à enlever mes chaussettes de mes bas de mémé! Heureusement que nos maris sont des assistants de choc! C'est important le mari pour enlever les chaussettes et les bas de mémé après une course!

Jour 1 (48)

Et pour nous masser aussi!

Jour 1 (50)

Je parle de la douche sans eau chaude???? De la marche beaucoup trop haute pour monter dans les toilettes? Des bretons qui enquillent des bières??? Des vainqueurs qui ont bouclé le parcours en 4H30 alors que nous on a mis 9H40? De la nuit, du froid et le l'humidité qui tombent bien trop vite à mon goût?

Bref, cette journée de fou s'achève. Après avoir mangé ma barquette de coquillettes (ça fait du bien de manger chaud), et écouté, non sans peur, le briefing pour le lendemain, je me mets sous ma couette à 20H et je m'endors direct! Même si les bretons continuent à chanter et enquiller des bières, le groupe électrogène à tourner, et le cop à chanter.