Je voulais en faire un avant de partir sur ce beau caillou du bout du monde (promesses de si beaux trails).

Je le prenais comme un test. Sur le papier c'est attrayant: 21Km sur route (pas de caillou à escalader, de rivière à traverser, de champs en dévers, de flaque de boue), dénivelé 0 (incroyable!), ravito tous les 4/5km (pas de camelback de plus d'1Kg sur le dos). Cool! Ca va être facile!

Sauf que je n'avais jamais couru 21Km sans m'arrêter. En trail je marche dans les montées, je reste parfois plusieurs minutes admirer un paysage, je discute aux ravito avec les bénévoles. Parce qu'en trail je m'en fout de mon chrono (ça se voit, non?).

Là le but du semi c'est justement d'en faire un, un chrono. A l'opposé de ma façon de courir, de l'idée même que je me fais de la course à pied. Je cours pour voir du paysage et rencontrer du monde moi!

C'était donc réellement un défi pour moi.

Me voilà inscrite sur le semi La Bigoudène, d'Eckmühl à Pont-L'abbé. Un semi où il n'y a pas trop de monde, 500/600 participants, parce que j'ai oublié de vous dire que je déteste la foule! Un semi avec 11Km en bord de mer, donc un superbe paysage.

Je stressais un peu par rapport à l'organisation: on devait récupérer les dossards tôt, prendre une navette, attendre 1H sur l'aire de départ. Déjà il n'y avait pas de sas, c'était bien car je n'avais aucune idée du temps que j'allais mettre. Je m'étais fixé 2H10/2H15, mais sans trop savoir à quoi m'attendre. Le fait de retrouver les potes du club m'a aidé à déstresser et à patienter.

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Nous voilà partit! Ca part vite, je regarde sans arrêt ma montre (moi qui cours toujours sans en course), je suis à plus de 11Km/H alors que je m'étais fixé de reste à 10Km/H. Je me dis que jevais ralentir à 2/3Km, mais en fait je me sens bien comme ça. La mer est belle! Il y a du vent, mais comme c'est plat ça reste gérable.

Les kilomètres passent vite, très vite. Là encore je ne suis pas habituée à les voir notés par terre ou sur des panneaux sur le côté. En trail, j'essaye de savoir à combien sont les 2 ou 3 ravitos pour que ça me fasse des points de repère. Et en trail les kilomètres passent bien moins vite. Je passe les 10Km en 57min, rien de transcendant, mais je suis bien. A 12Km je commence à en avoir marre, je me mets même à rêver qu'il y aurait une rivière à traverser. Je prends ma musique, ça m'empêche de penser au fait qu'il n'y a rien à faire à part courir "bêtement". Je sens que j'accélère, je me dis que je vais me cramer, mais je n'arrive pas à réduire l'allure, je me sens bien comme ça. Je double, je double, je double! Les kilomètres s'enchainent et je me sens toujours aussi bien. Je passe les 15Km en 1H32, je commence à penser que je peux passer la ligne d'arrivée en moins de 2H. Je jette un oeil à ma montre, je suis à 12Km/H. J'attends le moment où je vais exploser, mais il n'arrivera pas.

Je m'arrête quand même pour donner un cachet contre les crampes à un gars qui est coincé au bord de la route. Là je me dis que c'est foutu pour les - de 2H. Tant pis! C'était un peu utopique de toutes façons.

Et d'un coup j'apperçois J.N qui arrive vers moi. Comme à Tourch, il vient me récupérer pour m'aider à terminer la course. On passe tout juste le panneau des 20Km. Il me demande comment je me sens, je lui réponds que je m'ennuie, que je n'ai mal nulle part, que je ne suis pas fatiguée. Alors là c'est partit! Il me pousse à accélérer, à doubler. Tout à coup j'ai mal partout: je m'arrache et je n'ose pas regarder ma montre pour voir si on a dépasser les 2H ou pas. Le dernier Km se fera vraiment à fond!

Je passe la ligne en 1H59! Bonheur!!!!!

Merci J.N! Sans lui je ne pense pas que j'étais sous les 2H.

Voilà, je suis capable de courir 21Km sans m'arrêter. C'est une expérience, mais je préfère de loin le trail et son côté ludique.