Samedi 26 octobre 2013, voilà enfin le jour tant attendu!

Dossards pris en janvier, gîte réservé dans la foulée, et prépa assurée depuis des semaines. Nous voilà à Millau après 10H de route, bien contents d'arriver et de tenir dans nos mains ce fameux dossard qui va nous permettre de prendre le départ du marathon des Causses. 37Km et quelques nous attendent!

Sur la ligne de départ, Mr Triton et moi avons le sourire

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13H14, "Améno" la musique culte du départ retenti dans les hauts parleurs, le compte à rebours commence.

13H15, c'est partit!

Forcément comme toutes les courses, ça part très vite. Je tente de freiner.

On est rapidement calmé par la 1ère grosse (et très longue) montée. On marche... Longtemps, très longtemps... Je sens ma tête qui tourne. Qu'est-ce qu'il se passe? Et fais une pause et j'admire le paysage, Millau en bas, le viaduc. Je repars, mais peu de temps après à nouveau la tête qui tourne je m'arrête un côté d'un gars qui lui aussi fait une pause. Je décide de prendre un gel car j'ai vraiment peur de l'hypoglycémie. J’entame donc la réserve de nourriture prévue pour la 3ème heure. Je rejoins Mr Triton qui m'attendait un peu plus haut, il me demande si ça va car il me trouve blanche. Moi qui suis rouge dès que cours 100m, c'est pas bon signe, en plus il fait chaud. On termine la montée interminable ensemble. On peut se remettre à courir, c'est relativement plat. Mais je me prends les pieds dans les cailloux. Je peste! Je me crie à moi-même de lever les pieds, mais je sais que ce problème est un signe de fatigue, on a fait à peine 7Km. C'est pas logique!

Heureusement en haut, le paysage remonte le moral. On pose notre p'tit caillou sur le monticule en faisant un voeux. On remet les manchettes, le vent souffle, j'ai froid (autre signe qui ne me plaît pas!).

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On court un p'tit moment sur le plat. Quelques p'tites montées et descentes. Toujours les pieds qui butent dans les cailloux, je dois marcher à chaque faux plat alors que j'avais bien progressé dans les montées, je sens que je n'ai pas de jus.

Vers 16-17Km, une montée un peu plus grosse, puis un tronc en travers du chemin. Je passe dessous, je me relève, et crac une crampe a un adducteur. Aïe! Ca fait trop mal!!!! Je reste bloquée, je n'ai jamais eu ça, je ne sais pas quoi faire. La fille qui me suit subit la même mésaventure, elle me montre le mouvement pour m'en débarrasser, ça ne fonctionne pas, mais elle finit par passer quand même. Je redémarre, et là des crampes partout dans les 2 jambes. J'ai découvert qu'on avait un muscle devant le tibia, je croyais que j'avais juste de la peau devant l'os moi!!! Je me retrouve allongée par terre avec Mr Triton qui tire mes jambes vers le haut, je souffle, purée comme ça fait mal!!! Une co....BIP s'arrête, me demande ce que j'ai et me répond que si j'ai des crampes c'est parce que je ne suis pas assez musclée. Merci! Elle vient de me mettre le moral à 0, je pleure, j'ai trop mal. Je la maudis dans ma tête, en plus c'est une bretonne. Si elle me lis j'ai juste envie de lui crier SALOPE!!!!!!! Heureusement une autre s'arrête, et me donne 2 cachets contre les crampes. Pour moi c'était ça la solidarité des trail, pas enfoncer quelqu'un qui est déjà à terre. Alors si cette fille (qui portait le dossard 416) me lit je veux encore une fois la remercier et lui dire que ce geste m'a VRAIMENT aidé et pas seulement physiquement.

Je bois sans arrêt, je mange mes gels, mon pain d'épice. Et j'attends avec impatience le point d'eau des 24.5Km. Il y a souvent du monde à nous encourager tout le long du chemin ça fait du bien au moral. Je subis vraiment cette course, les crampes viennent, s'en vont, mais ne sont jamais loin. Mes muscles font mal (tiens j'ai un peu de muscles finalement alors), ils ne sont pas loin du blocage, mais je cours toujours dans les descentes et le plat.

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Je trouve les derniers kilomètres avant le point d'eau interminables. J’aperçois et j'entends nos compagnons de séjour A et A.M. Ils nous encouragent. Mr Triton leur explique ce qui m'arrive. Ils courent les derniers mètres avec nous, me donnent des conseils, remplissent nos camelbacks de boissons énergétiques. Sauf que j'en peux plus de boire et manger du sucré, j'ai l'impression que je vais vomir à chaque pas. Un gars (un breton près de chez nous) me donne des granules homéo. Merci Alain!

Il nous reste 1H avant la barrière horaire du ravito qui est à 29.5Km. On ne traine donc pas au point d'eau. Je repars remontée, ça fait du bien.

En plus on descend dans les gorges, c'est superbe! Très technique tous ces cailloux, mais vraiment sympa et dépaysant. En bas on remonte direct, je sais que c'est la dernière montée avant le ravito, sauf qu'il ne nous reste plus que 30min. C'est pas gagné! Je repense sans cesse à ce que m'a dit A. "si tu marche, tu marche d'un bon pas". Je m'arrache dans la montée, sauf qu'à un moment ça coince! Une cuisse ne répond, plus, je suis au milieu du chemin dans pouvoir bouger. Je tente de la faire passer cette crampe, ça passe pas. J'entends quelqu'un qui arrive derrière moi, je bloque le chemin, comment faire? Je demande à Mr Triton de m'asseoir sur le gros cailloux qui se trouve près de moi. Je me fais doubler et entre autre par la gentille fille (dossard 416). Elle s'arrête prendre de mes nouvelles, je la remercie encore une fois mais je lui dis de se dépêcher pour passer la barrière horaire, elle me répond que ça risque de ne pas passer. Ca me met à la pression à fond là! Une autre fille me donne encore un cachet. Je repars, mais j'arrive en haut de cette côte complètement HS.

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Nous retrouvons A et A.M qui nous encouragent comme ils peuvent, j'avance péniblement. A.M regarde sa montre il est trop tard pour passer la barrière horaire, il me dit de prendre mon temps, de ne plus forcer. Nous admirons le paysage.

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Je me retourne, Mr Triton n'est plus là. Je me dis qu'il devait avoir faim, qu'il a du continuer jusqu'au ravito. Il ne me reste que quelques centaines de mètres avant ce ravito. C'est rageant de louper la passage de la barrière horaire pour si peu, mais je me dis que je n'aurais sûrement pas pu descendre jusqu'à Millau dans cet état. A.M me dira 2 jours après que même si j'étais passée dans les temps, ils ne m'auraient pas laisser continuer tellement j'étais blanche. Arrivée au ravito, je rends ma puce, voilà c'est terminé pour moi! La nuit tombe, je bois un verre et je cherche Mr Triton. Il est introuvable, on cri même son prénom près des toilettes. Je comprends qu'il a du réussir à passer dans les temps et donc à continuer la course. Ca me redonne le sourire. Nous regagnons donc la voiture, mais je dois m'arréter en chemin, le dernier gel que j'ai ingurgité ressort. Comme j'ai froid on décide de repasser au gîte pour me prendre des vêtements chauds avant d'aller à l'arrivée. Sauf qu'une fois là-bas je fais une hypoglycémie qui me cloue sur le canapé. Heureusement A.M me fait le meilleur sandwich jambon/beurre/emmental du monde. On repart, mais mon téléphone sonne juste au moment où se gare, Mr Triton est arrivé. Je suis dégoûtée d'avoir loupé son arrivée!
Mais je suis aussi tellement fière de lui. Lui qui n'a commencé à courir il n'y a qu'un an.

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L'histoire de cette course se termine ici. Les souvenirs restent, les émotions se bousculent et changent avec le temps: la colère et la tristesse de cet échec laissent la place au bonheur d'avoir découvert ces superbes paysages des Causses. Je ne regrette pas de m'être inscrite sur cette course, si j'étais parti sur un parcours plus court j'aurais certes passé la ligne d'arrivée, mais je ne serais pas descendu dans les gorges de la Dourbie.

J'étais allée là-bas non pas pour courir tranquillou, mais pour repousser mes limites, là je pense les avoir explosé ces limites!

Merci aux bénévoles et aux organisateurs de ce festival, nous avons vraiment passé un super week-end!!!

 

Pour voir le parcours et le profil de la course c'est par là.